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Efficience 2 : pourquoi la CFE-CGC n’a pas signé le tract intersyndical

Le jeudi 17 septembre, un tract sur le projet Efficience 2 a été diffusé par l’intersyndicale (SNJ, CGT, CFDT, FO). La CFE-CGC n’en est pas signataire. Non par complaisance envers la direction, mais parce que ce texte passe sous silence la réalité dans laquelle se trouve l’entreprise, et parce que notre désaccord porte ailleurs : sur la méthode de la direction, qui refuse toute négociation.

Regarder la situation en face

Ouest-France accumule les pertes. Nous en sommes aujourd’hui à céder des actifs pour rembourser notre dette. Ce n’est pas un détail de contexte, c’est le point de départ. Personne ne peut sérieusement défendre l’idée qu’il serait possible de ne rien faire, ou de renvoyer la direction à ses responsabilités sans proposer autre chose. Un syndicat responsable doit dire aux salariés ce qu’il en est, y compris quand ce n’est pas agréable à entendre.

Des départs naturels, pas de licenciements

Le projet repose sur des départs non remplacés, des retraites progressives et, dans certains cas, des ruptures conventionnelles. Il n’y a ni PSE, ni licenciement économique. Notre pyramide des âges rend cette voie possible : c’est une opportunité, et elle ne se représentera pas. Comparé à un plan de départs contraints, c’est incontestablement la solution la moins brutale pour les salariés. Qualifier cela de « plan social qui ne dit pas son nom » revient à mettre sur le même plan un départ à la retraite et un licenciement. Les salariés concernés, eux, font très bien la différence.

Cela ne veut pas dire que nous sommes d’accord avec tout

Personne ne se réjouit d’une baisse des effectifs. Les départs entraîneront des réorganisations, des arbitrages sur les tâches, et pour ceux qui restent un surcroît de charge. Les risques sont réels : dégradation des conditions de travail, montée des RPS, perte de qualité du journal. Nous ne les minimisons pas. Nous demandons qu’ils soient anticipés et encadrés, pas ignorés.

C’est précisément ce que nous avons demandé. La direction a dit non.

Avec les autres organisations représentatives, nous avons demandé l’ouverture d’une négociation portant sur les conditions de mise en œuvre d’Efficience 2, et notamment :

  • la prévention des RPS, avec une implication forte de la CSSCT ;
  • l’évaluation de la charge de travail dans les services les plus impactés ;
  • le suivi du déploiement des outils d’automatisation et d’IA ;
  • un engagement ferme de la direction sur les mesures correctives si nécessaire ;
  • la reconnaissance, y compris salariale, de ceux qui devront faire plus avec moins de moyens.

La réponse de la direction est non. Elle juge cette négociation inutile.

Deux poids, deux mesures

Cette même direction a pourtant ouvert des négociations à l’industriel, lors du plan de départs, pour ceux qui restaient. Elles ont abouti à un large panel de mesures valorisant leur travail et contribuant au maintien de leur pouvoir d’achat. Qu’est-ce que les salariés doivent en conclure ? Que seule la mobilisation paie, et que la modération ne rapporte rien.

Notre message à la direction

La CFE-CGC a choisi une attitude constructive : dire la vérité sur la situation économique, reconnaître ce que le projet évite aux salariés, et exiger en contrepartie des garanties sérieuses sur la charge de travail, la santé et la reconnaissance de ceux qui restent. Cette maturité mérite mieux qu’une fin de non-recevoir.

Si les seules concessions obtenues sont celles arrachées par le rapport de force, la direction envoie un signal clair à l’ensemble des organisations syndicales, et elle en portera la responsabilité. Nous demandons l’ouverture d’une véritable négociation. C’est encore possible.